et nous les traversons ...

et nous les traversons ...
Petit ange, que je revois encore. Qui gambade dans ma tête, qui se cache dans mon corps, arpente mes moindres pensées. Tu es partout dans la maison, tu te glisses encore dans mon lit quand la nuit tombe. Je ne vois plus la lumière qu'à travers les volets, le soleil me fait mal aux yeux. Tu vis encore en moi, je te sens, jusque dans mes tripes. Tu ravives parfois les couleurs de mes joues, du bout de ton pinceau, qui me caresse légèrement, me berce. Je n'ai pas besoin de te parler, je n'ai pas besoin de sortir ou de voir du monde. A toi seule tu remplis ma vie. Ta voix résonne dans le salon, sur le petit canapé ; ton canapé. J'entends ton rire. Ta chambre me fait penser à une image, la vie qui rayonnait s'est envolée, tout est figé. Non mon bébé, je ne suis pas perdue, tu me guides ta petite main ne lache plus la mienne. Tu es avec moi. On est bien, nous deux, on se contente de ce qu'il nous reste. Moi je me complais dans des chimères. Tu m'habites encore, tous les jours, tu ne m'abandonnes pas... Je t'aime, c'est tellement fort. Tu renaîs chaque seconde dans mon coeur, ma petite fleur immortelle, la mémoire de mon passé, la lueur de mon histoire...

# Posté le mercredi 17 juin 2009 11:46

L'art du mime...

L'art du mime...
- En mimant le bonheur, je pensais le vivre.
Je n'ose plus rien faire. Même plus parler. Les meubles brillent, les fenetres aussi, le lit est fait, le salon rangé. Elle est partie. Ca m'arrive souvent, quand elle part, de tout ranger, tout nettoyer. Je me dis que quand elle rentrera, ca sera déja ca de gagner. Une enguelade en moins, peut etre une minute de plus de repos. Je l'aime. Je l'attends, je sais qu'elle va revenir, elle revient toujours. Parfois au bout de plusieurs jours. Elle sait ce que je pense. Elle sait ce dont j'ai peur. Moi je reste dans le canapé, c'est tout juste si je dors. J'enfile café sur café, j'arrête le soir, pour être plus calme. Elle rentre toujours le soir, après 20h. Elle est sure que j'ai dîner. Je suis à elle, je l'écoute, je dois l'écouter. C'est dur de vivre sans elle. C'est la lumière de notre apartement, quand elle revient, je vois claire. C'est vrai, ce que je vois n'est pas glorieu. Un jeune couple, qui se perd, qui s'use. Trop vite. Mais elle m'ouvre les yeux, sur la joie que je ne trouve pas. Oui, c'est triste. Mais déja ca. Avec elle, je mime le bonheur... Je mine le bonheur que je n'ai pas.

# Posté le mardi 02 juin 2009 12:42

Modifié le samedi 06 juin 2009 05:50

Derniere lettre.

Derniere lettre.
A toi mon Ange, le coeur de ma vie. Je t'écris une lettre, encore. Ca me fait du bien, un petit moment de repos, d'éspoir, mon chagrin s'en va. Ca ne dure jamais longtemps. Juste le temps d'aligné quelques mots, essayer de te dire tout mon amour, mais les mots sont faibles. Je te sens en moi parfois, tu me traverse, me frole, comme le courant chaud d'une vague qui défile sur la plage... Ma blessure. Les jours m'arrachent à toi, le déséspoir n'est plus que silence, je n'ai même plus la force de crier. J'ai mal, une douleur que ne s'en va pas. Je sais que tu m'entends, tu me voies noicir ce papier blanc, lisse, comme ta peau. Ces feuilles blanches que je délaisse un instant après, les déposants dans un tirroir. Qui se remplie de ma tristesse. De mots d'encre, qui coulent tout droit de mon coeur. Cet instant, où mon ventre colle le lit, le sol aussi, où je t'écris, c'est notre rendez vous, nos retrouvailles, mon abandon, nos souvenirs. Je suis retournée dans ta chambre, j'ai fermé les yeux, tu es revenu. Assis sur ta chaise, souriant, moi sur ton lit, allongée. Le soleil revient. Tu ne m'as jamais autant manqué. Une année que tu n'es plus là. Pour la première fois j'aborde un printemps, sans toi. Depuis toujours, t'étais près de moi. Tu me racontais des histoires pour que j'mendorme, tu me faisais rire pour ne plus voir des larmes sur mes joues. On abordait ensemble les âges, les mois, le temps passait si vite. La maison est vide sans toi, maman pleure encore le soir, même vos disputes lui manque. Papa me parle beaucoup, il me parle de toi, comme si je n'avais aucun souvenir. Je l'écoute, je ne dis rien, ca le soulage. Ton absence remplie ma vie, je fais abstraction de tout ce qui se passe autour, un an c'est peu, c'est trop présent encore. Je vais passer toute ma vie avec toi, dans mon coeur, là, tu seras encré dans ma chair, dans mes veines. Tu es mon histoire, tu le resteras, jusqu'a ce que tu deviennes ma fin. La lumière me parait ne plus avoir de limites, elle s'étire jusqu'au soir, tard dans la nuit. La douceur s'empare des pièces de la maison, tu es là sans vraiment l'être, je crois que tu anime le silence, le vide. Passé le printemps, l'été va être dure. Je ne renoncerais pas à nos habitudes, j'irais sur notre plage, écouter la mer, regarder les vagues se perdrent sur le sable. J'irais dans notre café, je ne serais pas seule, tu seras avec moi. Je crois que c'est ma dernière lettre, je n'arrive pas à l'expliquer, j'accepte tout doucement, mais je le sais, je le sens tu vis encore en moi. Pour toujours. Ne me laisse pas.

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Adieu grand frère.

Je t'aime.

# Posté le vendredi 29 mai 2009 05:52

Modifié le dimanche 12 juillet 2009 07:45

Entends moi, quand je pleure.

Entends moi, quand je pleure.
Cher Chris,

La souffrance m'achève. Je suis immobile dans ce lit qui image mon incapacité a mener dignement mon dernier combat. Je me sens comme un soldat blessé, laissé pour compte sur un champs de bataille, trop faible pour bouger, attendant sa mort. Je me sens faible. Vous êtes tellement loin de moi que j'ai du mal à vous imaginez encore en vie, avec la guerre qui eclate aux coins de nos rues, dans les mains de nos frères, dans le coeur de nos enfants. Votre absence me pèse. J'ai bien peur que vous ne receviez ma lettre que trop tard, quand votre visite n'aura pour seul but que de vous recueillir sur ma tombe. Suis-je trop crue dans mes mots ? Je n'ai plus de mesure, mon phrasé se perd, mes forces s'echappent, mes mains tremblent, mes espoirs s'envolent. Vous qui etiez près de moi nuit et jour, malade ou joyeuse, et qui aujourd'hui êtes trop éloigné pour même entendre mes plaignements incessants, pourquoi êtes vous partis au front, alors que vous saviez que j'avais plus besoin que vous que n'en n'a besoin la France ? La seule chose que nous partageons a présent, c'est une peur que l'on dompte, a l'approche de la fin, à l'approche de la mort, vous au bout du fusil, moi sur le bord des draps. Nous arrachera-t-elle furtivement de ce monde, aussi vite qu'un eclair passe dans le ciel ? D'une seule flèche, d'une seule traite... Je vous vous voudrait à mon chevet, avant de me laisser partir. Je ne suis que trop lasse, de ce temps qui défile, qui me trahis chaques jours, chaques secondes, et de votre présence qui me manque tant. Je vous demande de garder cette lettre, comme en souvenir d'une promesse, a laquelle seuls des enfants comme nous peuvent encore croire, celle de s'aimer toujours, même apres la mort. Prennez soin de vous, mon plus tendre ami. Et en retour, je prendrais soin de moi.

__________________________________________________________________Je vous embrasse.

Rose.

# Posté le mercredi 20 mai 2009 11:41

Modifié le vendredi 05 juin 2009 13:49

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J'arrive à petits pas, la pluie s'ecrase sur mon corps. Les graviers grésillent sous mes pieds, tout est calme. Dans ma main, je tiens le même bouquet depuis 30 ans, tous les dimanche. Ces mêmes camélia roses, qui me rappel ta peau si douce, un peu rosée ; comme elles. Lorsque je m'arrête face à toi, j'ai toujours le même pincement au coeur. Cette envie impudique de te dire que je t'aime. Je te regarde, tu es figée sur du papier, immobile dans le temps, tu es belle. Je pleure parfois, quand il fait beau et que je vais rentrer seul. Quant ton absence me crit qu'on ne partagera plus la magie du monde qui s'endore, qui s'engouffre dans la nuit. Mais tu me pardonnes mes faiblesses, je le sais. Je pose le bouquet sur toi, te parle un peu, comme avant, quand tu étais près de moi. Et puis je pars, je reviens dimanche prochain, en esperant que la fleuriste n'oublie pas ma commande. Je reviens, comme toujours, et je ne veux rien changer. Je t'apporte tes fleurs, je te rappel notre amour, je te dis que je t'aime. Oui Luna, je t'aime encore. Rien ne change, je te l'ai dit... Toujours les mêmes camélia, les mêmes souvenirs, la même photo...

# Posté le samedi 16 mai 2009 09:26