J'arrive à petits pas, la pluie s'ecrase sur mon corps. Les graviers grésillent sous mes pieds, tout est calme. Dans ma main, je tiens le même bouquet depuis 30 ans, tous les dimanche. Ces mêmes camélia roses, qui me rappel ta peau si douce, un peu rosée ; comme elles. Lorsque je m'arrête face à toi, j'ai toujours le même pincement au coeur. Cette envie impudique de te dire que je t'aime. Je te regarde, tu es figée sur du papier, immobile dans le temps, tu es belle. Je pleure parfois, quand il fait beau et que je vais rentrer seul. Quant ton absence me crit qu'on ne partagera plus la magie du monde qui s'endore, qui s'engouffre dans la nuit. Mais tu me pardonnes mes faiblesses, je le sais. Je pose le bouquet sur toi, te parle un peu, comme avant, quand tu étais près de moi. Et puis je pars, je reviens dimanche prochain, en esperant que la fleuriste n'oublie pas ma commande. Je reviens, comme toujours, et je ne veux rien changer. Je t'apporte tes fleurs, je te rappel notre amour, je te dis que je t'aime. Oui Luna, je t'aime encore. Rien ne change, je te l'ai dit... Toujours les mêmes camélia, les mêmes souvenirs, la même photo...